Quelle appropriation des villes nouvelles par les acteurs locaux ?

Actes de la journée d’études du 26 septembre 2002 à Lyon - Cahier n°5 : Diagnostics de territoires et systèmes d’acteurs

Quelle appropriation des villes nouvelles par les acteurs locaux ?

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Date de publication: 1 août 2003
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Suite à la réalisation de deux études sur les villes nouvelles des rives de l'Étang de Berre et du val de Reuil dans le cadre de la réflexion avec les CETE sur « diagnostic de territoires et systèmes d'acteurs » , le CERTU a souhaité organiser lors d'une journée un débat entre chercheurs, praticiens (plusieurs directeurs de ville nouvelles étaient présents) et élus. A travers la tenue de trois tables rondes l'objectif était d'apporter des éléments de réponse à la question « Quelle appropriation des villes nouvelles par les acteurs locaux ? »La première table ronde était centrée sur l'interrogation suivante « Quelles questions posent les écarts entre les prévisions et les réalisations ? ». Jean-Paul Lacaze a fait percevoir « la solitude du coureur de fond », l'aménageur des villes nouvelles de province. Au fil des interventions il est apparu qu'il pouvait-y avoir des similitudes entre les villes nouvelles de province : similitudes de conception, de procédures, partout une forte présence de l'habitat social, qui amène des populations de caractéristiques voisines et procure des paysages un petit peu identiques. Mais il y a aussi des différences importantes : l'industrialisation massive et lourde de Fos la distingue d'autres villes nouvelles beaucoup plus tertiaire. Les différences dans les caractéristiques de chaque système d'acteurs qui mettent en place ces villes nouvelles donnent à chacune un caractère très particulier. Et en filigrane, la table ronde à fait apparaître une autre question « Y a-t-il une spécificité des villes nouvelles de province ?La question de la seconde table ronde était la suivante « La ville nouvelle, un développement parfaitement planifié ? » Jean Frébault a mis en avant le rôle fondamental de l'Etat et déclina les différents outils utilisés par les aménageurs, aux différentes échelles. Il a souligné l'importance d'avoir un projet derrière ces outils. Gilles Novarina, a souligné que les villes nouvelles ont fait partie du fonctionnalisme ambiant de l'époque et si on se plait à marquer des ruptures par rapport aux grands ensembles, on doit aussi en souligner des continuités. Il est apparu qu'au lieu de se poser la question suivante : « A-t-on atteint les objectifs que l'on s'était fixés ? », il était plus intéressant de se demander « Sans les villes nouvelles que se serait-il passé ? » , même s'il s'avérait impossible de répondre à une telle question !Dans la troisième table ronde la question était celle «du passage de la gestion administrée à la gouvernance urbaine». Ces villes nouvelles n'ont pas germé dans le désert, même si certains urbanistes assimilent parfois le territoire « à un âne que l'on charge de projets ». Même si Jean-Paul Alduy a pu dire qu'à l'origine « la procédure d'exception des villes nouvelles avaient essentiellement pour but d'évincer les élus du remodelage de leur territoire » . On a pu voir avec quelle énergie les collectivités de la région marseillaise se sont efforcées de s'assurer la maîtrise politique de l'aménagement de leur territoire. Pour Jean Frébault, ces villes nouvelles entrent maintenant dans le droit commun et il est important de faire le bilan de cette expérience, et des conséquences durables pour leurs habitants. Le statut de ville nouvelle est-il une préparation à l'intercommunalité ? C'est la question à laquelle ont du répondre Alain Cottalorda maire de Bourgoin-Jallieu, et Jean Rossot, Président du SAN et maire de l'Isle d'Abeau.