Demolition des immeubles de logements sociaux (la)

Histoire urbaine d'une non-politique publique

Demolition des immeubles de logements sociaux (la)

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Date de publication: 26 août 2009
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La démolition des immeubles de logements sociaux est présentée aujourd’hui comme un mode d’action légal et légitime de la gestion patrimoniale d’un parc social public hérité de la politique d’aménagement des Trente glorieuses et de la gestion urbaine des « cités de la politique de la ville ». Cet ouvrage, issu d’une thèse soutenue en 2004, retrace l’histoire du temps long de la résistance de l’État français à transférer à l’espace public local l’arbitrage du recours à la démolition d’un patrimoine public à vocation sociale, de 1975 à 2001. En réponse à des demandes de démolition, tout d’abord ponctuelles et localisées, puis de plus en plus nombreuses et diversifiées, l’État va opposer jusqu’en 1988 à cet impensable de la démolition le référentiel réparateur d’une politique de réhabilitation généralisée à l’ensemble du parc social. Le développement des politiques urbaines et de l’expertise locale le conduira à reconnaître à la démolition une première légitimité administrativement encadrée en 1996 dans le cadre des projets urbains. L’usage en sera banalisé en 2001 au nom du renouvellement urbain et de la reconnaissance des limites de la politique de la ville à réduire les phénomènes de ségrégation socio-spatiale contraires à l’idéal républicain de la ville égalitaire.
Cette « histoire d’État », réalisée à l’aide de la grille d’analyse des politiques publiques et de l’approche non-décisionnelle de l’action publique, s’adosse à des récits locaux de démolitions (Beauvais, Meaux, Vénissieux, La Courneuve, Cenon, Bordeaux, Talence). Cette démarche conduit à révéler les contradictions internes des systèmes d’action concrets constitués sur ce sujet par les trois partenaires interdépendants de la mise en œuvre de la politique du logement social, que sont l’État, les collectivités locales et les bailleurs sociaux.
Pensé « entre scènes et coulisses », entre résistances et cessions aux réalités du terrain, l’urbanisme est considéré ici comme le produit contingent de stratégies d’acteurs aux intérêts divergents, dont le sujet de la démolition permet d’étudier les modalités de production urbaine.

Agnès Berland-Berthon est urbaniste et architecte. Enseignante-chercheur à l’Institut d’aménagement, de tourisme et d’urbanisme de l’Université de Bordeaux et dans l’UMR CNRS ADES, ses recherches portent sur l’analyse des politiques urbaines d’aménagement de l’espace.